Une agence qui vend un site 4 000 € et le produit en interne dégage moins de marge qu’elle ne le croit, parce qu’elle compte le temps de production et oublie l’avant-vente, la gestion et les allers-retours. Voici le calcul complet, avec les deux cas où sous-traiter fait perdre de l’argent.
Le calcul que personne ne fait
Prenons un site vitrine de huit pages, vendu 4 000 € à un client final. La production seule représente cinq à six jours. C’est ce chiffre que la plupart des agences retiennent, et c’est là que l’erreur commence.
| Poste | Temps réel | Facturable ? |
|---|---|---|
| Rendez-vous et proposition | 1 à 2 j | non |
| Cadrage et récupération du contenu | 1 j | non |
| Direction artistique | 1,5 j | oui |
| Intégration | 3 j | oui |
| Retours client | 1 à 2 j | non |
| Livraison et formation | 0,5 j | oui |
| Total mobilisé | 8 à 10 j |
À 4 000 € pour neuf jours mobilisés, le taux journalier réel tombe à 444 €. Or c’est un taux brut : il porte encore les charges, les congés, les périodes creuses et les devis perdus. Une agence qui signe un devis sur quatre facture les trois autres à ce client-là.
Ce que change la sous-traitance
Le même projet, avec la production confiée à l’extérieur. Les postes non facturables ne bougent pas : ils sont la relation client, et elle reste chez vous.
| En interne | Sous-traité | |
|---|---|---|
| Vendu au client | 4 000 € | 4 000 € |
| Coût de production | 5 j de votre équipe | 200 à 600 € |
| Temps que vous gardez | 4 j | 4 j |
| Jours libérés | 0 | 5 j |
La marge n’est pas le seul gain, et ce n’est même pas le principal. Les cinq jours libérés sont cinq jours que vous pouvez remettre en avant-vente, sur un autre projet, ou ne pas travailler.
Une agence de trois personnes qui sous-traite la production de la moitié de ses projets double sa capacité sans embaucher. C’est ce calcul-là qui décide, pas l’écart de prix.
Les deux cas où sous-traiter coûte plus cher
Ils existent, et une agence honnête vous les dira avant de prendre votre premier projet.
- Le brief flou. Un projet mal cadré transmis à un sous-traitant produit des allers-retours qui coûtent plus que le temps économisé. Si vous ne savez pas décrire le site en une page, cadrez d’abord.
- Le client qui change d’avis en permanence. Chaque modification passe par vous, puis par le sous-traitant, puis revient. Ce que vous gagniez en production, vous le perdez en transmission. Ces clients-là se traitent en interne.
Il y a un troisième cas, plus rare : le projet où votre valeur ajoutée est technique et non commerciale. Si votre client vous a choisi pour votre expertise sur une intégration précise, la déléguer vide votre offre de son contenu.
Ce qu’il faut vérifier avant de confier un projet
Six questions, dans l’ordre où elles comptent. Les trois premières éliminent la plupart des prestataires.
- Le sous-traitant peut-il contacter votre client ? La réponse doit être non, et écrite. Un prestataire qui court-circuite son donneur d’ordre vous coûte un client, pas un projet.
- Le code est-il reprenable ? Demandez un exemple de livrable. Un site construit sur un constructeur de pages sous licence vous enferme, et votre client avec vous.
- Le prix est-il ferme ? Une estimation devient un supplément en cours de projet, et vous ne pouvez pas le répercuter sur un devis déjà signé.
- Que se passe-t-il en cas de retard, et quand en êtes-vous prévenu ?
- Combien de séries de retours sont incluses ?
- Qui répond quand vous écrivez, et sous quel délai ?
Comment commencer sans risque
Par le plus petit projet possible, pas par le plus urgent. Un site vitrine sans enjeu de délai vous coûte quelques centaines d’euros et vous apprend tout : la qualité du livrable, la tenue des délais, la façon dont le prestataire réagit quand vous demandez une correction.
L’erreur classique consiste à tester un sous-traitant sur un projet dont la date est déjà promise au client. Vous découvrez alors ses limites au pire moment, et c’est vous qui portez le retard.
Questions fréquentes
Faut-il le dire à son client ?
Rien ne vous y oblige, et l’usage du secteur est de ne pas le faire. Votre client achète un résultat et un interlocuteur, pas un organigramme. La seule règle est que le sous-traitant n’apparaisse nulle part : ni en pied de page, ni dans le code, ni dans un e-mail.
Quelle marge viser en revente ?
La question est mal posée : votre prix ne dépend pas de ce que vous payez, mais de ce que vaut votre travail auprès de votre client. Vous vendez la relation, le cadrage, la responsabilité et la garantie. La production est une ligne de coût parmi d’autres.
Et si le sous-traitant disparaît en cours de projet ?
C’est le risque réel, et il se couvre : exigez les accès et les fichiers à chaque point d’étape, pas seulement à la livraison. Un projet dont vous détenez l’état à mi-parcours se reprend ; un projet dont vous n’avez rien vu depuis trois semaines ne se reprend pas.
La différence de fuseau horaire pose-t-elle un problème ?
Cela dépend d’où produit votre prestataire. Une heure d’écart ne change rien à un échange écrit. Un décalage de six heures impose de travailler en différé, ce qui allonge chaque aller-retour d’une journée. Vérifiez aussi les jours de fermeture, qui ne sont pas les mêmes partout.
Nous produisons en marque blanche pour des agences françaises, belges et suisses depuis 2019. Les conditions, les prix et ce que nous refusons sont détaillés sur notre page sous-traitance en marque blanche. Si vous voulez tester sur un petit projet, envoyez-nous un brief, même anonymisé.
